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  • Photo du rédacteurMathieu Cotiniaux

L'humain doit être au niveau du financier.

Dernière mise à jour : 21 déc. 2023

Rencontre avec - Émeline Bourgoin


Diplômée du Master Kedge Business School (ex : ESC Bordeaux) en 1998, Émeline a évolué dans sa carrière avec une véritable vision tant opérationnelle que stratégique.

Le bonheur au travail, le management sont des notions qu’elle garde comme fondations dans son fonctionnement mais elle a un œil aussi attentif qu’averti sur les évolutions majeures de la société qui se répercutent dans les modes de travail.


TMV : Tu es passée par le groupe Canal +, Dailymotion, Axa ou encore ING ; des grands noms pour une prise d’expérience certaine.

Qu’est-ce que l’on retient du métier après quinze ans de rencontres ?


E.B. : J’ai constaté à travers les différentes rencontres que j’ai eues dans ma vie d’invertisseure, de board member ou de présidente du club des DRH du digital que, trop souvent, les directions des RH ne sont pas correctement dimensionnées, surtout au démarrage d'une entreprise. Les principes fondamentaux des ressources humaines sont indispensables pour permettre à l'entrepreneur et à ses équipes de se positionner et de progresser efficacement dès le début, en créant une base légale saine ainsi qu’une marque employeur forte pour attirer et retenir les meilleurs talents. Cela contribue pleinement à la performance de l’entreprise et à sa croissance. Le triangle de la réussite pour une entreprise, quelle que soit sa taille, est le suivant : CEO/CHRO/CFO.


Nous le savons tous aujourd’hui : la seule constante, c’est le changement. Et ce changement, de plus en plus rapide, frappe de pleins fouets les femmes et les hommes des entreprises. Ainsi, la fonction RH est au cœur de cette dynamique et doit être un.e partenaire clé des dirigeants pour ajuster avec efficacité la stratégie "people" en ligne avec la stratégie business.


C’est donc une fonction critique sur laquelle il faut très vite investir pour pouvoir installer une politique solide pour ses salariés.


TMV : “Le capital humain se place au même niveau que le capital financier.”

Peux-tu revenir sur cette perception de valeur qui te porte ?


E.B. : Je dis souvent que mon meilleur ami dans l’entreprise c’est le directeur financier, ce qui est assez rare pour les DRH {ndlr : rire}. Or, pour moi c’est essentiel de bien travailler avec le.a CFO. Ce binôme-là doit absolument collaborer parce que l’un sans l’autre ça ne marche pas. Le capital humain et sa qualité sont essentiels pour valoriser le capital financier de l’entreprise. C’est une lapalissade que certains peuvent encore oublier.


Je m’attache, dans les différents rôles que j’ai eu jusqu’à présent, à prendre la parole sur les sujets business, faire entendre ma voix pour qu’on ait toujours en tête que ce sont les Hommes qui font marcher les chiffres et pas l’inverse.



TMV : Ta carrière a évolué vers des postes stratégiques, sur quelles distinctions tes recruteurs ont-ils établi leur choix ?


E.B. : C’est une bonne question…

Les feedbacks que j’ai pu avoir sont les suivants :

  • Je suis une DRH assez atypique dans mon approche de la fonction avec beaucoup de proximité business, sans doute lié au fait que je suis arrivée dans ce métier par hasard et j’y suis restée par passion et conviction. J’ai fait une école de commerce, je n'avais pas du tout pensé à faire ce métier initialement. J’ai toujours été curieuse du business et des enjeux que peuvent avoir les dirigeants opérationnels. Je pense que ça fait vraiment la différence sur toute la politique RH que je peux mettre en œuvre.

  • Autre point, ma capacité à avoir la vision hélicoptère : passer de la partie stratégique à opérationnelle et ça, même dans des grandes structures. J’ai toujours gardé les mains et les pieds dans la réalité.

C'est ce qui a déclenché cette accointance avec les dirigeants que j’ai rencontrés et qui ont eu envie de travailler avec moi.



TMV : Tu as occupé des postes importants tout au long de ta carrière, tu as certainement parfois remplacé des hommes. Vois-tu encore des écarts homme/femme ? D’ailleurs, es-tu pour ou contre les quotas ?


E.B. : Alors, pour répondre à la première question : oui. Je distingue encore ces écarts là, que ça soit en termes de rémunération ou en termes de gestion de carrière.

Pour répondre à ta deuxième question, oui je suis pour les quotas, parce qu'on ne peut que constater que la mise en place de lois sur le sujet fait bouger les choses. Sans ces lois, ça ne bouge pas.

Ensuite, le plus important est de faire évoluer l’état d’esprit des dirigeants, la culture et ce, quelques soient les diversités pour que chacun se sente valorisé pour ses compétences et non pour son genre ou sa nationalité.

Mon rêve, c’est de ne plus avoir de fonction diversité & inclusion dans les entreprises. Ça voudra dire que nous aurons réussi à atteindre cet objectif de créer un sentiment d’appartenance collectif pour tous sans distinction.


TMV : Ce que l’on apprend de ton fonctionnement depuis le début de cet entretien peut-il être calqué sur une startup ?


E.B. : Oui, j’ai eu la chance de travailler chez Dailymotion quand ils étaient 90 et j’ai fait grandir cette startup avec ce même état d’esprit. Donc, oui, je suis fermement convaincue du fait que startups et grandes entreprises ont les mêmes problématiques à traiter {ndlr : rire}.


TMV : Est-ce que ce sont les startups qui créent l’impact positif selon toi ?


E.B. : Les startups sont de la graine d’innovation, un moyen de remise en cause d’un écosystème qui parfois est un peu trop les deux pieds dans la glaise, un peu trop assis sur ses convictions. Grâce aux startups, on peut remuer des façons de travailler, de penser ou de s'organiser.

D’ailleurs beaucoup de grands groupes évoluent par le biais de collaboration voire de rachat de startups qui apportent des nouvelles compétences, de nouvelles façons de travailler, de s’organiser…

Je pense que ça contribue largement à faire bouger le monde.


TMV : Cette volonté d’accompagnement des startups, c’est aussi ce que tu retrouves dans les valeurs de The Moon Venture ?


E.B. : Quand j’ai rencontré The Moon Venture, j’ai vraiment eu un coup de cœur pour la façon de travailler en collaboration dans cet écosystème tripartite très fort que les équipes de The Moon Venture s’emploient à animer. Nous avons tous en commun cette envie et cet enthousiasme.

C’est l’origine de ma collaboration, ma signature on va dire, dans ce lien que j'ai avec The Moon Venture. Le plus important est donc ma capacité, mon expertise que je peux mettre à la disposition d’entrepreneurs qui veulent révolutionner ou en tout cas avoir un impact sur la vie des gens au travail ou dans leur vie perso.

C’est pour ça que je m’engage aux côtés de The Moon Venture.


TMV : Tu leur apportes une expertise mais eux, t’apportent-ils quelque chose en retour ?


E.B. : Oui, Blockpulse en est l'exemple. Tout ce qu’ils proposent, c’est une vraie valeur ajoutée en terme de gain pour des investisseurs ou des entrepreneurs.

Je trouve que ça ouvre les yeux sur les possibilités que l’on n’a pas forcément été chercher juste parce qu’on avait l’impression qu’il n’y avait pas d’autres solutions. Ils prouvent le contraire !




- Tips fondateurs -


Un conseil RH à donner à un fondateur de startup ?

E.B. : Ne vous loupez pas sur vos fondamentaux.

Les fondamentaux sont vraiment le basic, tout ce qui est juridique, administratif, paie.

En fait ça arrive souvent un peu tard ou alors les fondateurs font souvent appel à des stagiaires ou des assistants pour faire ce job là. Quand ils finissent par recruter un senior RH, on a une legacy qui est souvent lourde à faire évoluer et souvent c’est assez compliqué de se tourner vers des projets plus innovants, de structuration de la gestion des talents etc.

Le conseil numéro un c’est : ne lésinez pas, c’est comme la finance, les basiques sont ultra importants, plus tôt on les met en place, mieux c’est.

Après ils peuvent faire appel à des RH à temps partagé ou des freelances très ponctuellement s’ils n’ont pas encore les moyens de se payer quelqu’un de senior à temps plein sur ces postes là ! L’investissement aura un ROI plus que positif.


Un modèle de startup duquel s’inspirer ?

E.B. : J’en ai une en particulier, et je ne dis pas cela parce que je suis membre de leur board. Je trouve qu’il coche pleins de cases, que ça soit sur la partie commerciale, finance et RH en terme de culture d’entreprise notamment.

C’est Layan. Je les trouve vraiment formidables, ils ont tout compris.


Une startup qui te fascine ?

E.B. : La même je pense {ndlr : rire}.

Après, il y en a d’autres en dehors de l’écosystème The Moon Venture mais ils sont quand même une référence, ils m’épatent.



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